16 septembre 2026

En Ontario, le problème des personnes âgées sans abri commence rarement par un loyer impayé. En fait, pour beaucoup de femmes âgées, il débute des décennies plus tôt.
Dans un cabinet médical où l'on ne parle jamais de santé cognitive, sur des lieux de travail où l'on ne considère jamais les soins aux personnes dépendantes comme potentiellement inévitables, ni dans des politiques qui présument que la pension du conjoint sera toujours là.
Cela s’explique par le fait que les femmes âgées et l’itinérance sont encore traitées séparément : le logement d’un côté, les « problèmes des femmes » de l’autre. Cette séparation masque une dure réalité : les deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont des femmes, et les femmes représentent près des deux tiers des personnes atteintes de démence au Canada.
La réalité, c'est que lorsque la mémoire, le jugement et l'orientation commencent à décliner, la capacité à gérer les loyers, les baux et la bureaucratie qui décide qui reçoit de l'aide s'en trouve également affectée.
Chez les femmes, la santé cérébrale se forge bien avant le diagnostic, dès la puberté, en passant par la durée de la période de fertilité et l'âge de la ménopause. Tous ces facteurs influencent le risque de démence. Une ménopause précoce ou induite chirurgicalement, notamment par ablation des ovaires avant 50 ans, est associée à un risque accru de déclin cognitif tardif. Pourtant, les femmes restent sous-représentées dans les essais cliniques, et seule une faible part des principaux financements de la recherche sur la maladie d'Alzheimer leur est spécifiquement consacrée, alors même qu'elles supportent la majeure partie du fardeau de la maladie.
À cela s'ajoute le fardeau des soins aux personnes dépendantes. Au Canada, ces soins sont souvent qualifiés d'infrastructure invisible : essentiels à l'économie, ils sont pourtant largement non rémunérés. Les femmes assument une part disproportionnée de ces soins non rémunérés et sont plus susceptibles de ne disposer d'aucune option de travail flexible. Il en résulte des carrières interrompues, des pensions plus faibles et une sécurité financière très limitée en cas de maladie, de divorce ou de veuvage survenant tard dans la vie.
Cette analyse s'appuie sur trois types de preuves et d'expériences :
- Fait avéré : les femmes représentent la majorité des cas d'Alzheimer et de démence au Canada.
- Fait avéré : seule une minorité de femmes savent qu'elles courent un risque accru de développer la maladie d'Alzheimer.
- Constat : les soins aux personnes dépendantes coexistent souvent avec un emploi rémunéré, entraînant une perte de productivité mesurable et une baisse des revenus et des pensions.
- Schéma récurrent : les filles deviennent souvent les aidantes par défaut lorsque la démence d’un parent s’accélère, ce qui peut avoir un impact négatif sur leurs revenus et leur pension.
- Constat : les femmes qui quittent leur emploi pour s'occuper d'enfants récupèrent rarement leurs revenus ou leurs économies perdus.
Hypothèse – sans changement structurel, ces tendances continueront d’alimenter l’itinérance chez les personnes âgées en Ontario.
Prenons deux exemples hypothétiques. Une femme âgée de Windsor présente des troubles cognitifs précoces suite à une hystérectomie subie dans sa quarantaine ; elle oublie ses paiements, ne reçoit pas les avis de renouvellement et finit par perdre son appartement. Une autre femme passe des années à s’occuper seule de son conjoint atteint de la maladie d’Alzheimer précoce, cesse de travailler et atteint l’âge de 70 ans sans aucune économie lorsque la pension de son conjoint prend fin. Dans aucun de ces cas, il ne s’agit de « mauvais choix ». Dans les deux cas, il s’agit de systèmes qui n’ont jamais pris en compte les réalités des femmes.
Ce que la plupart des débats sur l'itinérance chez les aînés en Ontario omettent, c'est que la prévention commence dès le milieu de la vie. Premièrement, la politique de santé provinciale peut placer la santé cognitive des femmes au centre de ses préoccupations en encourageant le dépistage des troubles cérébraux à la ménopause et en élargissant l'accès aux services hormonaux et aux conseils sur le mode de vie, le cas échéant. Deuxièmement, les normes du travail et de l'emploi peuvent considérer les responsabilités d'aidant comme une composante prévisible de la vie active, garantissant ainsi des modalités de travail flexibles sans incidence négative sur la carrière. Troisièmement, la politique du logement peut intégrer la prévention de l'itinérance chez les femmes aînées dans tous ses programmes, qu'il s'agisse de logements supervisés ou d'aides au loyer, en accordant la priorité aux personnes atteintes de démence ou qui cessent d'être aidantes.
Protéger les femmes âgées de l'itinérance n'est pas un problème marginal. C'est un test pour savoir si l'Ontario est prêt à accorder une égale importance aux soins, à la science et à la dignité. Les données sont encore incomplètes, mais elles convergent vers une conclusion : mettre fin à l'itinérance chez les aînés en Ontario implique de prendre au sérieux les risques cognitifs et le travail non rémunéré des femmes, bien avant qu'elles ne soient confrontées à l'inévitabilité de l'expulsion et de l'itinérance.
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Cet article a été créé à partir de recherches issues des références citées ci-dessous, d'un correcteur humain et d'un flux de travail assisté par l'IA.
Références :
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être atteintes de la maladie d'Alzheimer. Ce n'est peut-être pas seulement dû à leur plus grande longévité | Radio-Canada.ca
Un autre élément du puzzle du vieillissement ignoré
Pourquoi les employeurs doivent soutenir les aidants naturels au Canada
