19 juin 2026

Imaginez un aîné de l'Ontario agrippé à la rampe d'escalier, non seulement à cause de douleurs aux genoux, mais aussi parce que la simple pensée de perdre sa maison l'effraie encore plus que le prochain examen médical.
Le vieillissement de la population sur le marché immobilier est une réalité. Aux États-Unis, les personnes de 65 ans et plus possèdent déjà près de 80 % des logements, comparativement à une moyenne nationale d'environ 65 %. Plus de 31 % des résidences occupées par leur propriétaire changeront de mains avec le vieillissement de cette génération. Ce n'est pas seulement leur histoire, c'est aussi un signal d'alarme.
Certains espèrent qu'une transformation du marché immobilier, impulsée par les aînés, inondera le marché de logements à vendre et rendra enfin les maisons abordables. Or, tout porte à croire que la situation sera plus complexe. Plusieurs aînés choisissent de vieillir chez eux. Un sondage ontarien a révélé que 96 % d'entre eux veulent rester dans leur propre maison ou, du moins, dans leur quartier. Aux États-Unis, des millions de maisons, dites « maisons du nid vide », se trouvent dans des régions où les jeunes actifs ne s'installent pas. Augmenter l'offre sans adapter l'emplacement ou la conception des logements ne résoudra pas la crise.
L'Ontario a investi des milliards dans des établissements de soins de longue durée que redoutent de nombreux aînés. Parallèlement, les options communautaires à petite échelle demeurent rares, même si on en connaît le concept : maisons de quartier pour six personnes avec soutien 24 h/24 et 7 j/7, appartements avec services intégrés pour les aînés, communautés de retraités naturelles encadrées par des coordonnateurs sur place. Le Danemark a cessé de bâtir des institutions traditionnelles en 1988 en choisissant cette voie. Une province comme l'Ontario peut faire de même.
On entrevoit des perspectives encourageantes. À Guelph, un projet pilote d'un an, « Aînés sur Stevenson », offre désormais un logement transitoire aux personnes de 55 ans et plus qui se retrouvaient auparavant dans des refuges d'urgence. Ce projet est modeste, ancré dans la communauté et témoigne précisément de la détermination dont nous avons besoin en matière de services publics.
Voici les éléments qui expliquent cette évolution :
• Les aînés détiennent une part importante des logements occupés par leur propriétaire et une grande partie de ces logements seront libérés au cours de la prochaine décennie.
• La plupart des aînés ontariens veulent rester dans leur communauté et ne pas déménager dans des établissements éloignés. • Les pays qui ont réorienté le financement des institutions vers les résidences communautaires ont cessé de construire de grands établissements il y a des décennies.
• Des projets pilotes locaux en Ontario démontrent déjà l’efficacité des résidences de transition et des résidences avec services pour aînés.
• Les stratégies les plus efficaces considèrent le logement, les soins et les liens sociaux comme un système intégré, et non comme trois dossiers distincts.
Pour les dirigeants ontariens soucieux du logement des aînés en Ontario, la question n'est plus de savoir si une vague de vieillissement de la population est à prévoir, mais plutôt si nous serons prêts. Une voie concrète s'offre déjà à nous.
Premièrement, il faut revoir les règles d'urbanisme afin que chaque collectivité puisse construire des maisons plus petites et accessibles, des appartements de plain-pied et des immeubles de faible hauteur adaptés aux besoins des aînés et aux revenus fixes. Deuxièmement, il faut réaffecter le financement des mégaprojets de soins de longue durée vers les résidences avec services communautaires, notamment les centres de bien-être intégrés aux bâtiments existants. Troisièmement, il faut investir dans des coordonnateurs de services au sein des communautés de retraités existantes afin que les aînés puissent s'orienter parmi les services offerts et créer des liens d'entraide.
Une simple liste de vérification peut guider ce travail : déterminer où les aînés peuvent vieillir chez eux de manière réaliste, modifier le zonage en conséquence, financer les soins là où les gens vivent réellement et mesurer le succès par un seul critère : une personne âgée peut-elle rester ancrée dans la communauté qu’elle aime ?
Les aînés ont porté cette province sur leurs épaules pendant des décennies. Alors que le marché du logement évolue en leur faveur, ils ont mérité bien plus que des lits en institution. Ils ont mérité des logements, des choix et un gouvernement qui, enfin, les écoute.
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Cet article a été rédigé à partir de recherches issues des références citées ci-dessous, avec la contribution d'un correcteur humain et l'aide d'un système d'intelligence artificielle.
Références :
Le marché immobilier américain est confronté à un « tsunami argenté » imminent : quelles seront les conséquences pour l’avenir de l’accession à la propriété ?
Ouverture de nouveaux logements de transition pour aînés à Guelph
