24 septembre 2026

Au Canada, le débat sur la productivité passe sous silence une réalité essentielle : les heures non rémunérées consacrées à la prise de rendez-vous, aux courses ou aux soins à domicile après une chute. Tant que ces tâches restent confinées au sein d’un seul foyer, elles sont considérées comme une simple « affaire de famille ». Pour les aînés de l’Ontario, il ne s’agit pas d’un malheur privé, mais d’une défaillance du système de soins, un véritable fardeau.
L’analyse de Deloitte Canada sur l’écart de productivité en santé, publiée en 2025, estime que les obstacles liés à la santé amputent la production économique du Canada de plus de 100 milliards de dollars. Elle attribue 48,5 milliards de dollars en pertes de revenus du travail aux soins non rémunérés et 55,1 milliards de dollars en pertes de valeur économique dues à la morbidité. Ces chiffres ne donnent pas de prix à l’amour ; ils révèlent que les systèmes publics se sont construits discrètement sur lui… sans pour autant offrir un soutien solide en retour.
Voici un point essentiel qu'il ne faut surtout pas considérer comme optionnel : l'infrastructure de soins est aussi indispensable à la participation que les transports en commun le sont aux déplacements domicile-travail. Les services de répit, les soins primaires coordonnés et le soutien adapté ne sont pas des programmes annexes destinés à un groupe restreint. Ils constituent un mécanisme de régulation qui permet aux aînés de maintenir des liens sociaux, aux aidants familiaux de conserver leur emploi et aux entreprises de fidéliser leur personnel qualifié. On ne devrait pas exiger des aidantes, en particulier, qu'elles surmontent toutes les difficultés sans broncher.
Imaginez une famille ontarienne ordinaire. Une fille réduit ses heures de travail car les rendez-vous de son père, ses questions sur ses médicaments et ses besoins occasionnels de garde de nuit surviennent sans solution de rechange fiable. Sur le papier, cela ressemble à un simple problème d'organisation familiale. En réalité, c'est un manque de coordination entre les soins de santé et la vie quotidienne. Imaginez maintenant une autre famille qui bénéficie même d'une courte pause régulière : l'aidant conserve son emploi, la personne âgée évite une situation d'urgence et tous deux ont plus de liberté. Le même amour, une organisation différente.
La politique sociale de l'Ontario devrait commencer par mesurer l'écart qu'elle prétend vouloir combler. Chaque service destiné aux aidants naturels devrait être associé à un parcours de répit clair et à un interlocuteur désigné. La question de la charge des aidants naturels devrait être systématiquement abordée lors des consultations de soins primaires, et non considérée comme un aveu de dernier recours. Il faudrait publier des rapports sur l'accès aux services, les délais d'attente et l'équité de la prestation des services aux communautés, et inciter les associations et les organismes communautaires locaux à insister sur ces points, puis communiquer les changements observés.
Un financement accru ne suffit pas à lui seul. Des services mal coordonnés risquent d'alourdir encore davantage la charge administrative déjà importante des aidants. Deloitte estime qu'une réduction de 25 % du fardeau des aidants pourrait générer plus de 12 milliards de dollars de gains économiques par année. Voilà qui plaide en faveur d'une intégration des services, plutôt que de croire qu'une seule ligne budgétaire résoudra tous les problèmes. Les données sont d'ordre national et économique, et ne constituent pas un bilan des programmes actuels de l'Ontario. Pourtant, la direction à prendre est on ne peut plus claire : les soins aux personnes dépendantes constituent une infrastructure essentielle, et les gouvernements doivent agir en conséquence.
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Cet article a été créé à partir de recherches issues des références citées ci-dessous, d'un correcteur humain et d'un flux de travail assisté par l'IA.
