6 juillet 2026

Blâmer les personnes âgées de l'Ontario pour la situation difficile à laquelle sont confrontés les jeunes est plus qu'une politique paresseuse ; il s'agit d'une tentative délibérée de transformer les voisins en ennemis.
La peur qui alimente ce récit est réelle. Les jeunes Ontariens sont écrasés par les coûts du logement, l’instabilité du travail et les retards dans les projets familiaux. Beaucoup ont le sentiment que l’échelle économique gravie par leurs parents est devenue hors de portée. Cette douleur mérite l'honnêteté, pas un méchant du mois.
Transformer les Ontariens plus âgés en ce méchant réécrit l'histoire. Les personnes âgées d’aujourd’hui sont en grande partie celles qui ont passé quatre ou cinq décennies à payer des impôts qui ont contribué à bâtir les pensions publiques, les soins de santé et l’architecture sociale plus large sur laquelle repose la province. Ces systèmes de revenus ont été créés parce que la pauvreté généralisée des personnes âgées était autrefois considérée comme intolérable. Les faire travailler n’est pas un échec moral.
Il est également faux de dire que les seniors « prennent » simplement tandis que les jeunes « paient ». De nombreux Ontariens âgés travaillent encore, font du bénévolat, s’occupent de leur conjoint et de leurs petits-enfants et maintiennent à flot leurs familles en difficulté. En silence, un énorme flux d’aide descend : acomptes, logements partagés, aide aux frais de scolarité, chèques d’urgence en cas d’échec d’un emploi. Loin de gâcher l'avenir, de nombreuses personnes âgées le subventionnent personnellement.
La caricature de chaque personne âgée en tant que propriétaire confortable cache quelque chose que l'Ontario ne peut pas se permettre d'ignorer. De nombreux résidents âgés sont locataires, dépendent fortement de prestations modestes, sautent des repas ou voient leurs économies anéanties par les soins de longue durée ou la démence. Ils sont riches en actifs sur papier, mais vulnérables dans la pratique.
Pendant ce temps, les véritables racines de la précarité des jeunes se trouvent ailleurs : des décennies de choix d'aménagement du territoire et de zonage qui ont étouffé l'offre de logements, un marché du travail qui a remplacé le travail stable par la fragmentation et l'inflation des diplômes, et un investissement faible qui a laissé la productivité et les salaires à la traîne. Rien de tout cela n'a été causé par une infirmière à la retraite de Windsor ou un ancien travailleur de l'automobile à Oshawa.
Le problème central n'est pas que les personnes âgées aient finalement obtenu une certaine sécurité. C’est que les jeunes Ontariens n’ont jamais eu la même offre : un logement accessible, un travail prévisible, une voie crédible pour élever une famille. Saper les retraites ou les soins de santé publics ne réglerait pas le problème ; cela ne ferait que propager l'insécurité à tous les âges.
La réponse libérale en Ontario part d'un point de départ différent : la solidarité intergénérationnelle. Une province qui travaille pour tout le monde refuse d’échanger la facture d’épicerie d’une personne âgée contre le paiement du loyer d’un diplômé. Cela permet d'établir une sécurité comparable pour les deux.
Cela signifie que les personnes âgées et les jeunes doivent se rassembler dans leurs communautés et à Queen's Park : faire pression en faveur d'une réforme du zonage qui favorise une densité douce, des protections plus fortes pour les travailleurs, des obstacles réduits à l'éducation et des soins à domicile qui permettent aux Ontariens vieillissants de rester enracinés dans leur quartier. Cela signifie que des associations de circonscription associent délibérément des organisateurs étudiants et des retraités au même pas de porte, entendant les mêmes histoires.
L'Ontario n'a pas besoin d'une guerre entre jeunes et vieux. Il lui faut une coalition qui affirme, avec clarté et compassion, que la sécurité est un droit partagé et non un jeu à somme nulle. Les modèles décrits ici s'appuient principalement sur l'expérience vécue et les choix politiques observables, et non sur de nouvelles statistiques. Ils doivent donc être traités comme un point de départ pour un dialogue plus approfondi, et non comme le dernier mot.
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Cet article a été créé à partir de la recherche à partir des références citées ci-dessous, d'un éditeur humain et d'un workflow.
Références :
Op-Ed : La guerre fabriquée par le Canada entre jeunes et vieux - Affaires canadiennes
